– Le Coran dit que le son le plus mauvais est celui de l’âne. Dire que le son le plus mauvais n’est pas celui de l’âne, ou que le son de telle chose est le plus mauvais, porte-t-il atteinte à la foi en Coran ?
– Tous les énoncés contenant des jugements/décisions dans le Coran ont-ils la même valeur ?
Cher frère,
– Les expressions du Coran contiennent à la fois la vérité et le figuré.
S’opposer à l’expression d’un jugement concernant une vérité connue avec certitude comporte un risque religieux.
Par exemple, l’interdiction de l’alcool et de l’intérêt, l’obligation de la prière et du jeûne sont des vérités incontestables de ce type.
Si une expression peut être interprétée de manière métaphorique, la meilleure preuve qu’une interprétation différente est possible grâce à une analyse scientifique, ce sont les différentes interprétations que l’on trouve dans les différents exégèses.
Cependant, pour qu’un commentaire se déroule dans un cadre approprié, il faut que…
Conformément aux règles de la langue arabe, sans être contraire aux principes généraux de l’Islam, et en présence d’un signe qui rend le sens figuré obligatoire.
est nécessaire.
– Les versets 17 à 19 de la sourate Lokman mentionnent les conseils que Lokman a prodigués à son fils. Ces conseils et cette orientation sont à trois niveaux :
1)
On a d’abord parlé des qualités des gens :
« Mon enfant, accomplis la prière comme il se doit, répand le bien, efforce-toi d’empêcher le mal et fais preuve de patience face aux difficultés que tu rencontres. Car ce sont des actions qui exigent détermination et fermeté. »
(Lokman, 31/17)
Ces devoirs, attitudes et comportements sont des vertus propres à l’être humain.
2)
En deuxième lieu, l’attention est attirée sur les attributs des anges, qui sont d’un rang supérieur à celui des humains :
« Ne méprisez pas les gens et ne leur tournez pas le dos ! Ne vous comportez pas avec arrogance sur terre ! Dieu n’aime pas les orgueilleux et les vantards. »
(Lokman, 31/18)
Ici, il est fait référence aux qualités incontestables des anges, à savoir ne pas être orgueilleux et ne pas mépriser les autres.
3)
En troisième position, l’attention est attirée sur les caractéristiques des animaux, qui sont inférieurs à l’homme :
« Marche avec modération et équilibre, abaisse ta voix ! N’oublie pas que le plus laid des sons est le bruit d’un âne. »
(Lokman, 31/19)
Autrement dit, la capacité de marcher, de parler et de produire des sons est un trait que les humains partagent avec les animaux. Cependant, ce qui distingue les humains de ces derniers, et leur confère leur maturité, c’est leur comportement différent. C’est-à-dire…
C’est marcher avec mesure et équilibre, et parler et s’adresser aux autres avec un ton de voix digne de l’être humain.
Le ton de la voix n’est pas un indicateur de valeur.
(cf. Razi, commentaire des versets en question).
– Le verset ne contient aucune critique de la bête de somme. Car c’est Allah qui lui donne sa voix puissante.
Cependant, si quelque chose est conforme à son but, il est sage et beau. S’il s’écarte de son but, il devient laid. Comme l’âne est de petite taille, il arrive qu’il soit invisible derrière une petite colline lorsqu’il paît dans le pâturage, et son propriétaire ne puisse pas le trouver.
C’est ce cri puissant qui révèle sa présence. De ce point de vue, sa voix…
Il est beau parce qu’il est adapté à son usage.
Mais si les gens élèvent la voix comme lui, ils adoptent une attitude disproportionnée par rapport à leur objectif, et cette voix devient laide.
Ainsi, si l’âne se purifie avec une voix aussi basse que celle de l’homme, sa voix devient laide. Et si l’homme élève sa voix comme celle de l’âne, sa voix devient laide.
(cf. Ibn ‘Ashur, ibid.)
Avec mes salutations et mes prières…
L’Islam à travers les questions