– Pourriez-vous expliquer le hadith qui suit dans le sermon d’adieu : « Dieu a accordé à chaque personne son droit. Il n’est pas nécessaire de faire un testament pour les héritiers » ?
Cher frère,
Voici la traduction du verset coranique mentionné dans le hadith, qui rendait le testament obligatoire avant l’abrogation par le verset sur l’héritage :
« Il est obligatoire, lorsque l’un de vous est atteint par la mort, s’il laisse un héritage, qu’il fasse son testament. Ce testament doit être juste envers ses parents et ses proches. C’est une obligation pour ceux qui craignent Allah. »
(Al-Baqara, 2/180).
L’interprétation de ce verset a été abrogée par les versets qui précisent les parts d’héritage au début de la sourate An-Nisa. De plus, il existe un autre verset qui abroge celui-ci :
« Dieu, le Très-Haut, a accordé à chacun son droit. Il n’y a donc plus de testament en faveur d’aucun héritier. »
a été ordonné.
Amr ibn Hatice (que Dieu soit satisfait de lui) raconte : « Le Messager de Dieu (que Dieu soit avec lui et le salue) prononçait un sermon sur son chameau. Je me trouvais sous le cou du chameau. Le chameau ruminait sans arrêt, et la salive de l’animal coulait entre mes épaules. C’est alors que j’ai entendu le Messager de Dieu (que Dieu soit avec lui et le salue) prononcer ces paroles : »
« Dieu Tout-Puissant a accordé à chaque héritier son droit. Par conséquent, il n’y a pas de testament en faveur d’un des héritiers. »
[Tirmidhi, Al-Wasiyyah 5, (2122), Al-Nasa’i, Al-Wasiyyah 5, (6, 247).]
Abou Oumama (que Dieu soit satisfait de lui) rapporte : « Le Messager de Dieu (que Dieu soit avec lui et le salue) a dit : »
« Dieu, le Très-Haut, a accordé à chacun son droit. Il n’y a donc pas de testament en faveur d’un héritier. L’enfant appartient au lit conjugal. Le bâtard est privé de ses droits. Le vrai compte sera réglé par Dieu. Quiconque se prétend fils d’un autre que son père ou désigne un autre que son véritable tuteur comme tuteur, soit sous la malédiction de Dieu jusqu’au jour du Jugement dernier. »
(Tirmidhi, Al-Wasaaya 5, Abu Dawud, Al-Buyu 90)
Ce hadith établit conjointement plusieurs dispositions :
*
On ne peut pas léguer à un héritier. Dieu a réservé aux héritiers un droit déterminé sur les biens du défunt. Par conséquent, ce droit ne peut être augmenté par un testament.
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L’enfant appartient, en termes de filiation, à celui dans le lit duquel il est né. Autrement dit, à la mère. Ici, la mère est désignée par le terme *firash* (= lit). Le hadith précise que l’enfant appartient à celui qui possède le lit. Que ce soit le mari, le maître ou le *watii’sh-shubha* (celui qui a un doute sur sa relation avec la femme), ils sont tous égaux à cet égard. Cependant, le fils illégitime n’a aucun droit de filiation. Son acte a rendu nécessaire l’application de la peine. Car le hadith…
« Il y a des pierres pour Zani »
a été ordonné.
Il est interdit de nier sa filiation ou de l’attribuer à quelqu’un d’autre alors qu’on connaît sa véritable filiation. Le lien de parenté engendre certains droits, comme l’héritage, mais aussi d’autres règles, comme les interdits de mariage. Par conséquent, nier sciemment sa filiation ou l’attribuer à une filiation étrangère préparera le terrain à la commission de nombreux actes interdits par l’Islam, et à la survenue de problèmes.
(Les Six Livres Sacrés, Prof. Dr. İbrahim Canan)
Avec mes salutations et mes prières…
L’Islam à travers les questions